Nos Valeurs

La réduction des risques, généralités

La réduction des risques est une mission commune à l’ensemble de l’association Charonne, nécessitant une adaptation constante des professionnels aux évolutions des problématiques liées à l’usage de drogues.

Pathologies hépatiques et précarité (dépistage, accès et suivi du traitement), polyconsommation et alcoolodépendance, polyconsommation et usage détourné de médicaments, nouveaux consommateurs (sans-papiers non francophones alcoolo-dépendants, jeunes usagers polyconsommateurs précarisés SDF, …) constituent les principales problématiques.

L’adaptation se traduit par la formalisation du projet institutionnel de réduction des risques, en particulier sur les CAARUDs (Boutique 18 et Centre Beaurepaire) et sur le CSST.

Actualisation périodique des connaissances sur les risques associés à l’usage de drogues et leur prévention

Actions de formation en interne (animées par des intervenants extérieurs ou salariés de l’association) et en externe (formation continue, colloques, séminaires), décloisonnement de l’information de manière organisée, formalisée (partage des outils et des réseaux).

Projets d’action et partenariats répondant à des problématiques émergentes et/ou spécifiques

Pathologies hépatiques : formalisation des partenariats concernant les dépistages ; élaboration et conduite d’un projet d’hébergement sur le CSST comme condition sociale d’accès aux soins VHC des personnes toxicomanes désocialisées ;
Alcoolisme : outils et messages de prévention liés à cette surconsommation (alcool/nutrition ; adaptation aux publics non francophones ; …), partenariats avec les structures spécialisées en alcoologie,
Nouveaux consommateurs : travail de rue et inscription des services d’accueil dans les réseaux locaux et partenariaux, à la rencontre des jeunes usagers polyconsommateurs précarisés SDF visibles sur l’espace urbain ;

Développement des passerelles entre les établissements

  • CSST et CAARUDs : pour une meilleure coordination des suivis et des accompagnements des usagers fréquentant les deux espaces.
  • CAARUDs / Dispositif d’urgence sociale (CHU éclaté) : pour une meilleure coordination des suivis et des accompagnements des usagers fréquentant les deux espaces.
  • Entre CAARUDs : partage des outils et des moyens (utilisation conjointe de la permanence CPAM située à Beaurepaire, mise en commun des outils d’évaluation des publics et de suivi d’activité…), …

Excellente vidéo explicative sur la réduction des risques portée par le Crips Ile-de-France, Asud, l’AFR, Gaïa, Safe et Aides.



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Excellentes vidéos explicatives portée par le Crips Ile-de-France, Asud, l’AFR, Gaïa, Safe et Aides.

Service de réduction des risques

Les finalités de la RDR : Prévenir les complications somatiques, psychiques, sociales, liées aux usages de substances psychoactives et aux modes de vie qui y sont liés.

Les actions :

  • Informer les personnes accueillies sur les risques associés aux conduites addictives et leur prévention : sous toute forme de support, par des conseils personnalisés, ou par des interventions en groupe.
  • Evoquer les risques spécifiques liés à l’alcool.
  • Distribuer et promouvoir les matériels visant la prévention de la transmission interhumaine d’agents infectieux et des risques septiques : tampons alcoolisés, flacons d’eau stérile, filtres stériles, cupules stériles, seringues, matériel pour fumer ou inhaler la cocaïne, le crack ou l’héroïne,pansements.
  • Récupérer le matériel d’injection usagé.
  • Distribuer et promouvoir les matériels de prévention de la transmission sexuelle des infections : préservatifs féminins et masculins, gels lubrifiants.
  • Orienter et accompagner vers les services d’accueil et de réduction des risques pour les usagers les plus marginalisés.
  • Orienter vers des lieux d’entraide et du soutien par les pairs.
  • Proposer un hébergement d’urgence à bas seuil d’exigence

A travers :

  • des approches individuelles (entretiens et prises en charge, …)
  • des approches collectives (affichage en salle d’attente, documentations,…).

Actuellement, ces actions sont réalisées mais demanderaient à être davantage formalisées et investies.

Les objectifs :

Objectif réalisé issus du projet d’établissement 2006-2011 :
Initier la salle d’attente comme lieu d’échange, d’information, de prévention, et de mise à disposition les matériels de réduction des risques au sein de l’établissement.

Objectif à poursuivre au sein du CSAPA :

  • Mettre en place des procédures de traitement des demandes et des conseils en RDR au sein de l’établissement
  • Formaliser le projet institutionnel de RDR en particulier à travers les missions d’un coordinateur socio-éducatif des actions de RDR choisi parmi les personnels éducatifs et celles d’un Infirmier D.E

Les missions du coordinateur RDR :

  • Soutenir et organiser en lien avec le chef de service et les personnels de santé
    l’actualisation des connaissances des personnels du CSAPA en matière de risques liés aux comportements addictifs et développer des pratiques à l’égard de l’alcool
  • Poursuivre l’investissement de la salle d’attente comme lieu d’échange, d’information, de prévention, et de réduction des risques
  • Cogérer avec l’ensemble de l’équipe la délivrance des matériels de prévention (libre service en salle d’attente, bureau dédié garantissant la confidentialité de l’échange, préoccupation de la RDR sur les lieux d’hébergement (A.T.R, hôtels, …, gestion des stocks, recueils des données relatives aux activités de RDR)
  • S’assurer de la mise à disposition des matériels de prévention dans l’environnement des usagers du CSAPA (partenariat avec les équipes gestionnaires des automates de mise à disposition des matériels de RDR, partenariat avec les pharmacies, avec les CAARUD).

Les actions de RdR dans un CSAPA

Quelle organisation pour des actions de RdR dans un CSAPA ?

1.Entendre les usagers sur leurs consommations actuelles

Le déploiement de la RdR en CSAPA suppose d’abord et avant tout d’accepter de communiquer avec les usagers sur leurs consommations actuelles au niveau individuel et collectif, autrement qu’en terme « d’arrêt » et de « rechute » : quels produits ? Par quelle voie ? En quelles circonstances ? Avec quels modes opératoires et quels matériels ? Quels risques pensent-ils encourir ? Où trouvent-il l’information sur les risques et leur prévention ? Où se fournissent- ils en matériels propres etc. Echanges balayant en un ou en plusieurs volets toutes les dimensions des risques liés aux consommations (infectieux et plus largement somatique, psychiatrique, social et juridique). Cela peut-être difficile pour des équipes qui n’ont pas eu de formation spécifique sur ces risques.

2.Intégrer la RdR au projet d’établissement

Le travail autour du projet d’établissement ou de la démarche d’évaluation interne peut être un support pour dépasser ces difficultés. Chaque projet d’établissement explicite et organise les actions correspondant aux missions du CSAPA, dont celle de RdR. Il suppose la participation de l’équipe, éventuellement avec l’aide d’un consultant extérieur. Tous les professionnels ont ainsi l’occasion de penser cette mission RdR à partir des textes règlementaires, des référentiels élaborés par les fédérations professionnelles et au regard des besoins des usagers en terme de prestations. Ceux-ci peuvent être préalablement évalués par des enquêtes et questionnaires collectifs ou entretiens individuels, qui sont ensuite régulièrement répétés. La démarche entreprise elle-même témoignera de la mobilisation des équipes, suscitera la réflexion de chacun et déliera la parole sur ce sujet des consommations actives.

Une politique d’information des usagers

La diffusion des messages d’information, de prévention, et d’éducation sur les pratiques à risques, action minimale de RdR en CSAPA, suppose une dynamique : actualisation et partage des informations, affichage ayant le souci de communiquer, mise à disposition de flyers dont les contenus sont validés, leur présentation lors de réunions collectives ou d’entretiens individuels, qui supposent d’être menés par des intervenants avertis sur l’ensemble des risques et des moyens de s’en prémunir. De même, l’identification des lieux spécifiques de RdR proches est indispensable.

Certaines mesures constituant « noyau minimum » du travail sanitaire de tout CSAPA et ne souffrent d’aucune dérogation :

l’affichage des protocoles de prise en charge des accidents d’exposition au sang avec adresse et modalités de contact avec le centre hospitalier de référence, et possibilité de mise en place des traitements préventifs,
l’offre des TSO déjà évoquée, en s’interrogeant sur ses pratiques au regard de la RdR,
l’accès aux traitements VIH et VHC : consultations spécialisées en interne, accompagnement vers les hôpitaux, médiation auprès des services pour les patients en difficulté de compliance ou de relation avec le médical,
les vaccinations, dépistages, bilan de santé…

Les TSO : premier outil de RdR auprès du « patient »

Les TSO font des professionnels de santé qui en sont prescripteurs ou dispensateurs, des acteurs à part entière de la RdR. Encore faut-il qu’ils adhèrent à ses principes et aient les connaissances pour la pratiquer. La RdR suppose l’accompagnement vers des consommations à moindre risque, en faisant appel à la responsabilité des usagers, et en prévoyant des espace-temps pour évoquer les consommations…

A travers le TSO, l’usager cherche à assurer la gestion personnelle de sa pharmacodépendance, à diminuer ou cesser sa consommation d’opiacés non prescrits ou d’autres substances psycho-actives. Les objectifs de RdR en CSAPA vont donc au delà du recul de l’injection et des contaminations virales ou des overdoses. Ils incluent l’attention et des mesures propres aux consommations d’alcool, de cocaïne ou d’autres produits utilisés par les personnes fréquentant les CSAPA, aux risques aigus ou chroniques encourus avec les médicaments, à la prise en compte du principal toxique consommé, à savoir le tabac. Autant d’éléments impliquant la mise en place d’actions et d’approches spécifiques, anticipant sur la demande des usagers.

Les cadres juridiques actuels des CSAPA sont suffisants pour que les TSO répondent à ces objectifs de soins et de RdR. Toutefois la palette d’offre en TSO, pourrait être utilement diversifiée (TSO injectables, héroïne médicalisée,…) en poussant plus radicalement la dimension RdR de leur mise à disposition.



Les actions de RdR dans un CSAPA (2)

Loi 2002-2

L’élaboration du projet personnalisé de chaque usager d’un établissement médico-social implique l’individualisation de son suivi, co-construit avec les équipes professionnelles. Il reconnait la nécessité d’une alliance dynamique soignant/soigné, valorise le droit à un accompagnement adapté prenant en compte les attentes de la personne et lui autorisant l’exercice d’un choix dans les prestations offertes. L’adaptation des TSO au projet individuel s’inscrit logiquement dans ce projet personnalisé que devrait concrétiser un document formalisé, figurant au dossier du patient et régulièrement actualisé, au minimum chaque année. Il reprend la définition des objectifs retenus et les prestations fournies par l’établissement, les moyens mobilisés, les propositions des soignants et les délais de la mise en oeuvre (début et fin de ces actions). Il est donc nécessaire que l’expression de chaque usager puisse être recueillie et qu’il puisse faire part de ses besoins et aspirations, attentes et besoins.
En terme collectif, la loi de 2002-2 prévoit que les usagers de l’établissement médico-social soient consultés à travers des instances les représentant dans l’évaluation de la qualité et l’organisation de la structure qui les accueille…. Les modalités d’organisation des TSO dans le CSAPA constituent un sujet de choix

La distribution des matériels de RdR

La distribution de matériels de consommation représente un pas de plus dans l’engagement dans la RdR. Elle doit être réfléchie et assumée par l’ensemble de l’équipe, sans mettre en difficulté les usagers éloignés des consommations. Dévolue ou non à certains professionnels de santé ou autre selon le choix local, les différentes modalités retenues sont évaluées et revisitées dans le temps, pour évoluer au fur et à mesure de l’acceptation collective et des besoins mis à jour.

Ce peut être :

  • délivrer des jetons pour les automates si il s’en trouvent dans l’environnement,
  • informer sur les lieux de délivrance de matériels (PES en pharmacie, CAARUD de proximité …),
  • délivrer des matériels de consommations dans le cadre d’une offre individualisée lors d’entretiens sur les risques liés aux consommations (ce qui suppose des professionnels formés pour ce type d’exercice),
  • mettre les matériels en libre service ou en délivrance d’accès simplifié sur un espace connu de tous et géré par un ou plusieurs professionnels référents, dans le respect de la confidentialité pour chacun et à l’abri du regard des autres,susciter la mise en place de PES sous une forme ou une autre dans l’environnement du CSAPA.

Certaines institutions vont pouvoir donner d’une main les TSO, de l’autre des seringues, d’autres pas, mais toutes doivent avoir mis la question en débat, l’avoir tranchée, et porter ces pratiques à la connaissance de son public et de ses partenaires.

Récupération des matériels souillés

La même logique est à poursuivre, sans doute en plus simple, sur la récupération des matériels souillés : récupérateurs dans les espaces communs, récupérateurs de petite contenance en libre service ou confiés à certains usagers pour leur cercle relationnel, organisation du circuit d’élimination des déchets…

Organiser la répartition des tâches

Chaque établissement s’interroge sur le fait que ces échanges et conseils puissent à la fois être l’affaire de tous et délégués à quelques uns. Les deux options doivent coexister : le point de vue réduction des risques va traverser, pour peu qu’ils y soient formés et sensibilisés, la pratique clinique de tous les professionnels médico-psycho-sociaux, mais la responsabilité de l’intervention fléchée en RdR va être déléguée à certains, comme pour toute autre prestation organisée dans l’établissement. Il faut un responsable du PES, de l’actualisation des documentations, une ou des personnes formées aux entretiens centrés sur les risques et les consommations. Dans ce souci de cohérence au cœur du travail transdisciplinaire des pratiques quotidiennes, chaque professionnel garde son champ d’action spécifique : dépister, « bilanter » et traiter les problèmes de santé, assurer l’accès aux droits sociaux, accompagner le soin psychique. Mais il faut avoir conscience que tous ces objectifs peuvent se trouver dans une concurrence de priorité avec la RdR, privilégiée aux dépens des autres dimensions, ou à l’inverse non investie et négligée. C’est l’élaboration commune du projet d’établissement qui fondera cette mise en complémentarité des actions de cette mission dont le ou les professionnel(s) dédié(s) sera techniquement garant au sein de chaque établissement.

Si logiquement les textes administratifs font de la RdR en CSAPA une mission spécifique, l’ambition de sa mise en œuvre est qu’elle devienne pour chaque intervenant une facette de l’intervention globale incluant prévention, soins et réduction des risques. Chacun a pour fonction de recevoir l’usager là où il en est, y compris dans l’ambivalence de ses demandes, dans l’ambiguïté de ses désirs de soin, dans ses aménagements pour poursuivre ses consommations ou les déplacer (vers l’alcool par exemple). L’expérience confirme que les aspects organisationnels et sentinelles de la RdR doivent être dédiés à certains, faute de quoi ils ne sont pas réellement mis en œuvre. Mais la pratique de la RdR sera l’affaire de tous, comme dans un vrai travail transdisciplinaire, le médecin se soucie de la réalité sociale de son patient, et le travailleur social de la santé de son client.

Inscrire la RdR dans la fonction ressource du CSAPA

La RdR constitue une obligation règlementaire du CSAPA, à décliner dans chaque projet d’établissement, à définir et à actualiser en fonction des contextes, de leur évolution, de celle des usagers. Elle doit tenir compte de son inscription dans un territoire d’action et de son environnement, agglomération plus ou moins riche en dispositifs de RdR (CAARUD, programmes évènementiels, RdR en milieu festif, lieux d’accès libre aux matériels et messages de prévention), ou d’un contexte rural dénué de ressources, ou encore d’un milieu contraint et fermé tel que celui d’un établissement pénitentiaire.

Vers une clinique de la RdR

Une vision large des risques à limiter et des dommages à prévenir va dans le sens d’une transversalité de la RdR (en CAARUD, CSAPA, médecine de ville, hôpital général ou psychiatrique, en prison …). Le large inventaire des risques multiples et de leurs combinaisons est à mettre en regard de pratiques de prévention elles-mêmes déclinables à l’infini.

Cet inventaire peut être établi pour l’ensemble des drogues illicites, pour l’alcool, pour le tabac et pour d’autres conduites ou comportements, liés aux pratiques sexuelles – y compris celles tarifées – ou aux addictions sans produit qui vont souvent croiser les substances psychoactives (ex : jeu – alcool – cocaïne). La prévention des risques sanitaires liés aux consommations de drogues illicites a eu du mal à prendre sa pleine mesure pour endiguer et contrôler l’épidémie du VHC. Les infections bactériennes ou fongiques ne font pas l’objet d’un discours et d’une information très pédagogique auprès des usagers (cf chapitre « RdR, modes d’administration et outils). Les risques viraux (hépatites) comme les risques d’infections bactériennes graves (abcès, septicémies, endocardites…) ont précédé l’épidémie de Sida sans être réellement pris en compte. Les risques aigus pour la santé sont moins connus des usagers concernant la cocaïne ou le crack-free base, en particulier par voie injectable (risque cardio-vasculaire propre).

Quant aux risques sociaux et judiciaires ils sont peu abordés par des intervenants aveuglés par l’ampleur des épidémies, ou accaparés par la grande précarité. Ces risques sont aussi liés au trafic et à la délinquance, créés tant par la précarité des usagers, le caractère hors la loi des usages de drogues, que par leurs consommations à proprement parler.

La clinique du soin est encore trop souvent opposée à la RdR.

Si les motifs cachés des usages sont dans ces risques, pourquoi ne pas les aborder et en faire des leviers du soin en les aidant à trouver des limites, en commençant par s’occuper de leur dimension factuelle et de survie sociale ? Que veut dire accompagner les consommations si celles-ci sont mises hors du champ clinique au prétexte qu’elles nuisent à un travail d’élaboration psychique ? Ces résistances ont été portées au nom de La Clinique, mais elles témoignent en fait d’une clinique qui a présidé à la mise en place des dispositifs des années 70-80 autour du paradigme du sujet. Le paradigme de la RdR né dans les années 90 mériterait aussi une clinique.

La clinique, médicale à l’origine, signifie « apprendre au lit du malade ». La Clinique est donc l’étude du fonctionnement individuel, de ce qui est observable et qui, par l’insistance de traits qui se répètent, devient objet d’une théorisation identifiant ce qui deviendra paradigmatique, constituera un fait clinique jusqu’à faire l’objet d’un dispositif d’observation et de traitement. Une clinique médicale, au lit du malade, examine le patient, établit un diagnostic et en déduit le traitement qui fera l’objet d’une négociation et d’une alliance avec le patient, d’un partage de savoir avec lui. Il se constitue au fur et à mesure un corpus de pratiques d’intervention se modifiant avec les connaissances et l’évolution des phénomènes concernés. La RdR, démarche pragmatique, peut naturellement satisfaire à ces ambitions de constitution d’un savoir à partir d’éléments d’observation complexes, et d’un corpus de pratiques. Le soin mis en place sur les fondamentaux de la RdR se construit avec chaque « patient » selon ce qu’il amène comme élément « clinique » et la négociation qui en découle, avec un intervenant qui dispose aussi du savoir que lui confère sa profession et son expérience.

La réduction des risques à la Consult’

Pour s’adresser à la Consult’, il n’est pas obligatoire d’avoir un projet d’arrêt de toute consommation. Nous recevons en effet des jeunes qui ne veulent pas tout stopper mais qui veulent diminuer, revenir à une consommation maîtrisée ou qui s’interrogent simplement sur leur pratique.

La Consult’ est donc aussi un lieu d’information et de prévention qui inclut une dimension de réduction des risques liés aux consommations spécifiques du jeune public reçu ou rencontré lors des actions « d’aller-vers ».

Réduire les risques, c’est d’abord échanger le plus librement et précisément sur les pratiques des uns et des autres, puis sur les précautions à prendre pour limiter toutes sortes de rituels associés au geste de consommer. Il s’agit principalement des risques pour la santé (par exemple certaines maladies infectieuses, les maladies sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées, les overdoses, le sommeil, la déprime…), mais aussi d’autres risques comme les accidents de la route (scooter/ roller/ vélo/voiture…), domestiques, du travail, les risques judiciaires…

Réduire les risques, c’est aussi apporter des informations sur les produits, leur nature, leurs effets, les associations dangereuses ou la gestion de certains effets secondaires (par exemple la « descente »).

Réduire les risques, c’est enfin connaitre et reconnaitre les effets des consommations à court moyen et long terme. Il en effet important de s’informer sur les conséquences des prises de produits sur la santé physique et psychique ; mais aussi au niveau social (concentration et mémoire, baisse de l’activité scolaire, absentéisme, repli sur soi, isolement, perte de motivation endettement, violence…). Il est aussi question des risques et conséquences psycho-sociaux (perte de l’estime de soi, par ex dans des situations où la personne a le sentiment d’avoir été entraîné à commettre des actes qu’elle déplore…).

Dans les locaux de la Consult’ vous pourrez aussi avoir accès à du « matériel de réduction des risques » : bien évidemment, auprès de jeunes abuseurs de cannabis il ne s’agit pas de pratiquer l’échange de seringues ! Une distribution de préservatifs, femidons, éthylotests, « roule ta paille » est assurée ; des flyers d’information validés pour aller plus loin sont mis à disposition. Les personnes qui vous reçoivent ont une bonne connaissance de ces questions et peuvent dispenser une information précise et fiable.



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Accompagnement psychologique

Les psychologues participent aux missions d’accompagnement, à travers les consultations ambulatoires (consultations d’évaluation, de soutien, psychothérapies, consultations familiales, ateliers d’expression ou de médiation, groupes de parole), les évaluations et bilans relatifs aux différentes formes de prises en charge, l’implication dans le travail institutionnel, en particulier à travers les réunions de synthèse et l’accompagnement des activités socio-thérapeutiques.
L’évaluation psychologique

L’évaluation assurée par les psychologues s’inscrit dans le cadre d’une évaluation pluridisciplinaire globale.
L’évaluation psychologique peut s’inscrire dans les bilans d’admission en vue d’une prise en charge ambulatoire ou d’hébergement, ainsi que dans les bilans des suivis ou des séjours.

Différents axes de l’évaluation :

la dimension addictive des conduites : produits consommés, périodes de consommation, intensité des consommations (usages, abus, dépendance), tentatives d’arrêt et démarches de soins associées, histoire institutionnelle des soins ;
la problématique psychique du patient dans ses aspects psychopathologiques et de comorbidité : fonctions des conduites addictives dans l’économie psychique du patient.

Les psychothérapies

L’approche psychologique et psychothérapeutique fait partie des propositions d’aide et de soin offertes aux personnes sollicitant le CSAPA Charonne.
Le psychologue est par définition le destinataire des demandes de psychothérapies adressées d’emblée par le patient ou émergeant au cours de la prise en charge médicosociale globale.
Le psychologue décidera sous quelle forme donner suite à la demande. Ceci peut faire l’objet d’une concertation en réunion de synthèse, le mode de prise en charge psychologique s’inscrivant dans les contingences de l’ensemble du projet de soins du patient. Il peut être lié par exemple à un projet résidentiel (suivi individuel ou de groupe, défini dans sa durée et ses objectifs). Il peut aussi se situer de façon indépendante de tout autre suivi (médical ou social) et indépendamment d’une prise en charge résidentielle.

Le suivi psychologique peut prendre diverses formes : psychothérapie de soutien, consultations thérapeutiques à fréquence variable et à la demande du patient, travail thérapeutique de groupe, atelier d’expression ou de médiation, thérapie brève, psychothérapie d’orientation psychanalytique.

Les psychologues de l’institution peuvent se référer à différents courants théoriques (psychanalytiques, cognitivo-comportementalistes, humanistes …), dans la mesure où les enseignements en sont reconnus et disponibles dans les cursus universitaires de formation des psychologues cliniciens.
L’accueil des familles

Les psychologues peuvent être amenés à recevoir en consultation l’entourage (parents, conjoints, enfants, frères et soeurs, ami(es)) de personnes concernées par des problématiques addictives). Si ces dernières sont suivies dans le cadre du CSAPA, cet accueil est réalisé à leur demande ou au moins avec leur accord.
Travail à l’extérieur du centre

Dans le but d’assurer la continuité et la cohérence des soins et prises en charge, pourront être assurés, après information et accord des patients concernés :

Visite des patients sur d’autres lieux de soins ou de prises en charge (Services hospitaliers, maisons de repos, centres Résidentiel, SSR…), voire au domicile des personnes (appartement thérapeutique…)
Participation à des réunions de synthèses inter-partenariales.

Mesures de justice

Les psychologues ont ici un rôle de coordination santé -justice.

A ce titre, ils reçoivent en entretien des patients « sous main de justice » : classements avec orientation, injonctions thérapeutiques, obligations de soins (contrôles judiciaires, sursis avec mise à l’épreuve…). Ils sont amenés dans ce cadre à établir des Documents Individuels de Prise en Charge et des attestations relatives à ces mesures.
Ils s’inscrivent dans le schéma d’accueil des publics sous main de justice
L’organisation de cet accueil sous injonction administrative et judiciaire doit représenter une réelle opportunité de :

dresser un bilan des conduites addictives, de leurs difficultés sur les plans médical, social et psychologique.
constituer une porte d’entrée dans une démarche de soins, les patients s’en saisissant pour formuler une demande d’aide, de soutien et d’orientation dans ces différents registres.
poursuivre des objectifs de prévention des risques liés aux consommations, d’informer les usagers en matière de santé.

Cet aspect de prévention et d’information est présent en continu dans tous les modes d’intervention des psychologues auprès des patients qu’ils reçoivent en consultation.

Accompagnement social et éducatif

Etablir un projet individualisé, retrouver une autonomie, aide au relogement, les finalités de l’intervention socio-éducative, des éducateurs et des assistants de service social sont variées.

L’intervention socio-éducative vise, pour la personne, le recouvrement de son autonomie, l’accès aux conditions du soin, l’accompagnement dans les démarches et vers les différentes structures partenaires de soins en addictologie (sevrage hospitalier, CTR, autres).

Le recouvrement de l’autonomie pour une personne porte sur : l’accès et le maintien des droits sociaux, les aides à la vie quotidienne (conditions d’hébergement, aides matérielles …),l’accès et l’orientation vers des hébergements, les orientations visant l’insertion sociale.

Missions des éducateurs

  • Evaluation de la demande et des besoins sociaux
  • Elaboration avec l’usager de son projet individualisé
  • Suivis individualisés et fonction de référence
  • Orientations (en particulier en termes d’hébergement)
  • Relation avec le réseau partenarial (orientations diverses)
  • Accompagnements dans les diverses démarches de l’usager.

Missions des assistants de service social

  • Accès aux droits sociaux (RMI, CMU, …) et information des personnes sur leur droit
  • Aide et accompagnements dans les démarches administratives (CNI, domiciliation, …)
  • Relation avec les institutions sociales de droit commun
  • Aide au relogement (en particulier avec la fédération EPISEA)

Accompagnement social et Juridique

Les usagers de substances psycho-actives se trouvent à divers égards aux prises avec la justice, ceci au-delà des mesures de contraintes qui peuvent leur être faites par voie judiciaire (classements avec orientation, injonctions thérapeutiques, obligations de soins).

Les domaines de droit qui peuvent faire l’objet d’entretiens et de suivi avec un juriste sont divers :

  • droit administratif, droit des étrangers (titre de séjour, droit d’asile)
  • droit pénal : report de date d’audience, recherche de jugement et d’avocat
  • demande de levée de mention du casier judiciaire et explication de la procédure contentieuse devant les juridictions pénales
  • droit de la famille (divorce, reconnaissance d’enfant naturel, exercice de l’autorité parentale)
  • droit civil (action civile en réparation d’un dommage causé à autrui ou au contraire d’un préjudice subi tel qu’être victime d’un accident de la circulation),
  • droit bancaire (droit à l’ouverture d’un compte bancaire, demande de remise des pénalités),
  • droit du travail (accident ou refus de payer le salaire alors que l’employé n’est pas déclaré ou est sans titre de séjour),
  • voies d’exécution (diverses formes de saisies par voie d’huissier pour dette où il faut solliciter une remise gracieuse ou un échéancier),
  • droit locatif (congé, défaut de délivrance de quittance de loyer, expulsion),
  • succession, consommation, surendettement, assurance

La mise à disposition d’un consultant juridique qui intervient à travers diverses informations et accompagnements dans les démarches, représente une des modalités de l’accès aux droits pour les usagers du CSAPA

Les interventions

Les entretiens donnent fréquemment lieu à diverses informations ou interventions.

L’explication des droits
En parallèle des actions passant par l’écriture (courriers ou autres recours), l’intervention principale consiste en une explication audible et compréhensive de la situation qui est à l’origine de la prise de rendez-vous, accompagnée des solutions envisagées, des conséquences éventuelles.

Le contenu de l’accompagnement juridique
Rédaction de recours gracieux, requêtes contentieuses, constitution de dossier, courriers,
appels téléphoniques pour éclairer une situation.

Le cadre d’intervention

Dans l’intérêt de l’usager, le juriste se place pleinement au sein de l’équipe sociale et soignante pour une intervention performante, adaptée et personnalisée.

Cette permanence juridique s’effectue dans le cadre d’un partenariat avec l’Association « Accès au Droits / Solidarité Paris » qui a pour finalité l’accès aux droits des plus démunis et la lutte contre l’exclusion.

Les droits des usagers

Le thème des droits des usagers occupe une place centrale dans le secteur sanitaire et social, sous l’impulsion des lois du 2 janvier 2002 (rénovation de l’action sociale et médico-sociale) et du 4 mars 2002 (droits des malades et qualité du système de santé).

Pour autant, l’action de l’Association Charonne a toujours été fondée sur la reconnaissance humaine, sociale et politique des personnes toxicomanes : prendre en compte la souffrance, l’exaltation ou la fragilité de l’homme, le protéger des dommages causés par les drogues à lui-même et à autrui, réinventer l’éducation individuelle et collective à la libre responsabilité.

L’apport de ces deux lois réside donc dans l’effort de formalisation du rapport aux usagers, pour en garantir davantage la qualité.

Loi du 4 mars 2002 :

  • un accès direct de l’usager (et de ses ayants droit) à l’ensemble des informations formalisées concernant sa santé (dossier médical), selon une procédure précise
  • la possibilité pour l’usager d’être accompagné par une personne de confiance (parent, proche, médecin-traitant), consultée par le médecin au cas où l’usager serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin
  • la possibilité pour le mineur de consentir seul à un traitement indispensable à la sauvegarde de sa santé, et que le médecin garde le secret sur son état (dérogation à l’autorité parentale)

Loi du 2 janvier 2002 :

  • information de l’usager à travers le projet d’établissement, le livret d’accueil et ses annexes (règlement de fonctionnement et charte des droits et libertés), et son droit d’accès à tout document formalisé relatif à sa prise en charge
  • sa participation individuelle au projet d’accompagnement, par le contrat de séjour ou le document individuel de prise en charge
  • sa participation collective au fonctionnement du CSAPA (groupes d’expression)
  • la protection de ses droits, par la possibilité de recourir à une personne qualifiée

La permanence juridique

Les usagers de substances psycho-actives se trouvent à divers égards aux prises avec la justice, ceci au-delà des mesures de contraintes qui peuvent leur être faites par voie judiciaire (classements avec orientation, injonctions thérapeutiques, obligations de soins).

Les domaines de droit qui peuvent faire l’objet d’entretiens et de suivi avec un juriste sont divers :

  • droit administratif, droit des étrangers (titre de séjour, droit d’asile)
  • droit pénal : report de date d’audience, recherche de jugement et d’avocat
  • demande de levée de mention du casier judiciaire et explication de la procédure contentieuse devant les juridictions pénales
  • droit de la famille (divorce, reconnaissance d’enfant naturel, exercice de l’autorité parentale)
  • droit civil (action civile en réparation d’un dommage causé à autrui ou au contraire d’un préjudice subi tel qu’être victime d’un accident de la circulation),
  • droit bancaire (droit à l’ouverture d’un compte bancaire, demande de remise des pénalités),
  • droit du travail (accident ou refus de payer le salaire alors que l’employé n’est pas déclaré ou est sans titre de séjour),
  • voies d’exécution (diverses formes de saisies par voie d’huissier pour dette où il faut solliciter une remise gracieuse ou un échéancier),
  • droit locatif (congé, défaut de délivrance de quittance de loyer, expulsion),
  • succession, consommation, surendettement, assurance

La mise à disposition d’un consultant juridique qui intervient à travers diverses informations et accompagnements dans les démarches, représente une des modalités de l’accès aux droits pour les usagers du CSAPA.

Les interventions

Les entretiens donnent fréquemment lieu à diverses informations ou interventions.

L’explication des droits
En parallèle des actions passant par l’écriture (courriers ou autres recours), l’intervention principale consiste en une explication audible et compréhensive de la situation qui est à l’origine de la prise de rendez-vous, accompagnée des solutions envisagées, des conséquences éventuelles.

Le contenu de l’accompagnement juridique
Rédaction de recours gracieux, requêtes contentieuses, constitution de dossier, courriers,
appels téléphoniques pour éclairer une situation.

Le cadre d’intervention

Dans l’intérêt de l’usager, le juriste se place pleinement au sein de l’équipe sociale et soignante pour une intervention performante, adaptée et personnalisée.

Cette permanence juridique s’effectue dans le cadre d’un partenariat avec l’Association « Accès au Droits / Solidarité Paris » qui a pour finalité l’accès aux droits des plus démunis et la lutte contre l’exclusion.

Hébergement

Le souci de l’accès aux soins des publics précaires est au cœur des préoccupations de l’association Charonne depuis de nombreuses années. En témoigne la convention Pauvreté Précarité Urgence Sociale signée avec la DDASS de Paris de 1997 à 2007 pour des places d’hébergement d’Urgence en hôtel sur appel du 115 pour des personnes présentant des problématiques addictives et dont l’expérience a servi de base au projet de l’actuel CHS géré par l’association.

Le CSAPA Charonne est implanté sur les territoires du 13ème (CSST) et du 10ème (Consult’) et collabore d’ores et déjà avec les structures sociales qui y sont implantées. L’association Charonne est par ailleurs inscrite dans la fédération EPISEA dont les nouveaux statuts recadrent ses objectifs dans la réalisation des missions facultatives des CSAPA.

L’objectif vise à qualifier des professionnels psycho-sociaux pour rapprocher les structures du dispositif AHI de celles du dispositif médico-social en addictologie afin de permettre une transmission des savoirs et une mutualisation des compétences en mettant en place des interventions avancées au sein du dispositif d’hébergement AHI sous la forme :

  • d’interventions collectives,
  • de consultations psycho-sociale individualisées avancées
  • de mise à disposition de compétences en réduction des risques.