La consult’ jeunes consommateurs

Horaires

  • Mardi et Jeudi de 17h à 20h au 2 rue Giffard 75013, métro Quai de la Gare (L.6)
  • Mercredi de 10h à 13h au 77 rue Alexandre Dumas 75020, métro Alexandre Dumas (L.2)
  • Mercredi de 14h à 18h au 9 rue Beaurepaire 75010, métro République

 

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Evaluez vos habitudes aux jeux d’argent !

Cet outil a été développé par le centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies. Cet instrument de mesure comprend 9 items. Il attribue des notes à chaque réponse qui sont additionnées et donnent un taux de prévalence du jeu excessif au cours des 12 derniers mois. Les résultats sont rangés en 4 catégories de comportements associés au jeu […]

Actions du service

La Consult’ offre un accueil sans condition ni préalable quant à un degré d’usage ou de projet de soin : en bref, l’arrêt n’est pas une condition sine qua non pour nous rencontrer !

Elle propose ainsi dans le cadre de ses missions :

  • une évaluation de la situation médico-psycho-sociale du consommateur et aide à repérer un éventuel usage nocif
  • des informations et conseils personnalisés, prise en charge brève, aux consommateurs selon leurs besoins
  • des messages de réduction des risques
  • un accompagnement ou une orientation des personnes en difficulté lorsque la situation le justifie
  • un accueil et l’information à l’entourage
  • un accueil conjoint du consommateur et de son entourage
  • l’accueil les personnes orientées par l’autorité judiciaire
  • la Participation à des actions d’information et de prévention collective et les mettre en oeuvre
  • la Consult’ va à la rencontre des personnes en difficultés potentielles et se fait connaître des partenaires et institutions telles que : Prévention Spécialisée,  Foyers ASE, CHRS/CHU, professionnels de santé, Education Nationale, missions locales, etc.

Modalités d'accueil

La Consult’ assure un accueil sur RV qui se déroulent de manière confidentielle et gratuite grâce à un financement par l’Agence Régionale de Santé (ARS /Assurance Maladie) et la Ville de Paris (DASES). S’agissant de l’usage de stupéfiants, les personnes se présentant spontanément peuvent bénéficier de l’anonymat.

Cette consultation est aussi ouverte aux familles ainsi qu’à l’entourage des consommateurs au sens large, y compris les professionnels.

Il s’agira en différentes circonstances de :

  • personnes consultant à propos d’un enfant ou d’un autre proche : aide à mieux évaluer la situation, à se repositionner, à motiver le jeune à consulter pour lui-même.
  • personnes accompagnant un jeune jusqu’à la consultation : une place leur est offerte pour faire part de leur point de vue sur la situation (consommations, conduites problématiques connexes, scolarité ….).
  • parents consultant pour eux-mêmes : apport d’information, échange sur leur propre positionnement face aux conduites du jeune concerné.
  • travailleurs sociaux en difficulté par rapport à la gestion de situations individuelles ou collectives impliquant la consommation de substances par des jeunes vis-à-vis desquels ils ont une responsabilité éducative.

Dans le cadre de l’accueil individuel, les entretiens d’évaluation sont menés conjointement par deux professionnels : un psychologue et soit une coordinatrice sociale soit un travailleur social. Un médecin psychiatre est régulièrement sollicité dans un second temps afin d’affiner l’évaluation et de proposer si nécessaire une prise en charge médicale.

Usagers / Residents du service

La Consult’ est destinée aux jeunes consommateurs ou leurs proches, qui ressentent des difficultés en lien avec leur consommation de substances psychoactives licites et illicites : alcool, cannabis, cocaïne, tabac… et/ou avec des conduites addictives sans produits (jeux, écrans, internet…).

  • Coordinatrice
  • Psychiatre
  • Psychologue
  • Travailleuse sociale

En fonction de cette évaluation, l’équipe de la Consult’ propose différents axes de travail :

  • aide au changement
  • aide à la diminution ou l’arrêt des consommations, à la réduction des risques
  • aide au maintien de l’abstinence en favorisant la recherche de solutions alternatives, les activités socio-éducatives.
  • une orientation vers les structures les plus adaptées, spécialisées ou non.
  • une écoute et des conseils aux proches s’interrogeant sur la consommation avérée ou non d’un jeune.
  • un soutien aux différents professionnels en contact avec des consommateurs (Intervision, c’est-à-dire réflexions entre professionnels à propos d’un jeune, souvent en amont du soin).
  • une information sur les produits et les dispositifs de prévention, d’accompagnement et de soins qui prennent en compte la dimension de la réduction des risques.

La sollicitation de l’entourage familial constitue l’une des principales portes d’entrées à la Consult’, surtout pour les consommateurs mineurs.
La demande est alors portée par l’un des parents à minima, qui s’inquiète face aux “symptômes” d’un ou plusieurs enfants. Cette configuration complexe amène à construire une alliance avec chacun des membres de la famille et avec la famille dans son ensemble.

Les points de vue de chaque membre de la famille doivent être recherchés, chacun ayant une idée sur la cause, le sens du symptôme et les solutions proposées (essayées ou non). De plus, il est nécessaire de soutenir la famille dans son ensemble ; le changement concerne non pas l’unité ou l’existence de la famille mais son fonctionnement.

En effet, si la consommation de l’usager “désigné” constitue le motif principal de consultation, elle s’accompagne généralement d’un ensemble d’évènements préoccupants (baisse des résultats scolaires, tensions entre les membres de la famille, comportements à risques).
Ces manifestations vont mobiliser le groupe familial qui va devoir adapter ses postures éducatives et modifier les relations entre ses membres (parents/adolescents).

Pris dans les enjeux de l’adolescence (appartenance à la famille/individuation, expérimentation), le jeune usager va en effet tenter de trouver ses propres réponses tout en sollicitant les parents. Les consommations apparaissent donc souvent lors d’une crise de cycle de vie de la famille qui oblige tous les membres à s’aider à « grandir » (de l’enfant à l’adulte et comme parents).

Ce changement s’effectue selon les capacités de chacun et l’histoire du groupe familial.
Dans ce cadre, le travail consistera à faire circuler la parole autour des conflits actuels et permettre à la famille de mobiliser ses compétences existantes dont elle ne se rend pas compte, ne se sent pas en mesure de les utiliser ou ne s’y autorise pas.

L’usager peut être reçu avec sa famille, puis les membres reçus séparément (parents seuls, usager seul ou fratrie) afin de travailler sur différents aspects de la situation.
Si le jeune ne souhaite pas consulter, les membres de l’entourage peuvent être reçus seuls. En effet, il percevra alors l’attention et le souci des parents quant à son problème et les changements apportés du côté des parents incitera l’ensemble de la famille à changer.

C’est dans cet espace que pourront être abordés le rôle des consommations pour le jeune (et leurs effets positifs comme négatifs), les inquiétudes des parents et les problèmes associés. L’équipe accompagnera la famille et les individus qui la composent dans un processus de changement, d’autant que l’arrêt ou la réduction des consommations fait parfois surgir d’autres dynamiques (parfois d’autres problèmes).

Les actions collectives développées dans le cadre du partenariat avec la Prévention Spécialisée répondent à un besoin des professionnels d’aborder les conduites à risque et addictives avec des publics souvent éloignés des dispositifs de droit commun et de soin. Il s’agit d’abord de pouvoir être reconnu et identifié par les professionnels comme un partenaire potentiel et surtout d’instaurer un travail dans la durée auprès de leur public.

Les méthodes de travail

Nos modalités de travail définiront la qualité de nos interventions. Elles passent d’abord par la mise en place d’un diagnostic partagé avec le public et/ou avec les professionnels sur les problématiques et besoins identifiés. Il s’agit de faire un diagnostic global et de travailler sur un maillage partenarial efficient afin de répondre aux besoins qui ne sont parfois pas seulement de santé (insertion sociale et professionnelle, activités culturelles).

De fait, ce public nécessite aussi une adaptation de modalités de travail. Le repérage d’un partenaire reconnu de manière régulière facilite la création du lien de confiance. Durant cette année, l’intervenant de La Consult’ a intégré des actions de types soutien scolaire ou « thé ados » auprès de jeunes suivis ; il est identifié « comme le référent santé ».

Cela permet de créer un espace informel où les jeunes peuvent aborder des questions qui les concernent sans pour autant aborder frontalement les conduites à risque.

Les conduites à risques

Dans le cadre des conduites à risque et addictives, un changement de paradigme se profile depuis quelques années. L’approche centrée sur la connaissance du produit et sur la méthode de raisonnement planifié est délaissé ou remis en question au profit d’une démarche de promotion à la santé intégrant une dimension globale et positive de celle-ci.

Elle s’appuie notamment sur le développement et le renforcement des compétences psychosociales lorsque les comportements (à risque) sont associés à une incapacité à répondre de manière adaptée aux évènements difficiles.

Il s’agit donc de travailler sur le développement de compétences cognitives, sociales et émotionnelles auprès des jeunes afin de considérer l’adolescent dans sa globalité et d’intégrer l’ensemble des déterminants qui influence les comportements de santé et plus particulièrement les conduites à risques incluant les conduites addictives.

Depuis fin 2012, La Mission Métropolitaine de prévention des conduites à risques, de la Ville de Paris, soutient Le Pôle Prévention de Charonne et lui confie des actions de promotion santé et de prévention dans des foyers de l’ASE (aide sociale à l’enfance) :
Les Foyers Tandou, Charonne et Crimée ont bénéficié ainsi de séances de sensibilisation/ formation à destination des professionnels , ainsi que d’actions en direction des publics : Jeunes filles à Tandou ; mamans de jeunes enfants au foyer Charonne.

En 2014, la thématique qui a requis principalement nos énergies, c’est bien la question des conduites à risques pré-prostitutionnels des adolescentes, en lien avec le travail que nous avions déjà initialisé en début d’année avec le Pôle Prostitution de Charonne : « je michetonne », peuvent dire certaines jeunes filles, fières de leur sac ou d’une nouvelle coiffure. « J’en fais ce que je veux » s’illusionnent-elles face à l’homme adulte qu’elle croient pigeonner.

5 ateliers nous ont donc réunis avec 9 jeunes filles de 13 à 18 ans, histoire d’échanger sans brusquer sur ce sujet tabou. Les premières séances ont servi à réassurer ses jeunes sur leur compétences, et réfléchir sur l’image de la femme qu’elle aimerait devenir. « Ca fait du bien de parler de soi », a résumé l’une d’elle. Aborder la question du cadeau dans la relation sexuelle avec un inconnu n’a pu venir qu’après ce travail de renforcement de l’estime d’elles mêmes.

Nous poursuivrons en 2015, sans doute avec des séances également en direction des garçons.