Equipe Bociek de l’Association Charonne présente :

« Migrations, Précarités, Dispositifs : 10 ans de réflexions »

Le 13 décembre 2017 à 9h-17h00

Dans les locaux de MAS 10-18, rue des terres au curé, Paris 13ème

 

Inscription et renseignements au colloque.bociek@charonne.asso.fr

 

Les figures de la migration sont multiples et les trajectoires qui les composent, complexes. Cette complexité ne s’épuise pas dans les chemins qui traversent la précarité sociale et l’exclusion. Des personnes de tous pays, venant de contextes différents peuvent se retrouver dans ces situations de déshérence. Les explications sont nécessairement multi-factorielles même si certains contextes semblent être les dénominateurs communs: les mondes perdus (ruraux, milieux industriels et ouvriers, …), les guerres et conflits armés, des changements radicaux (familiaux, sociétaux). Si bien qu’il semble difficile de quitter ce pays qui n’est déjà plus.

La question taraude les professionnels accueillant ces migrants précaires: pourquoi rester ici dans cette situation? Ne serait-il pas mieux chez lui? D’autant que nombre de ces personnes ne veulent ou ne peuvent apprendre la langue du pays d’accueil. Comment les accueillir alors? Dans quel but? Retour au pays ou “intégration”?

Ce sont ces questions qui se sont posées lors des 10 ans d’existence de l’équipe mobile Bociek. Equipe recevant sur des lieux d’accueil et de soins partenaires des populations migrantes d’Europe de l’Est en situation de grande précarité, venant de nombreux pays (Pologne, Roumanie, Bulgarie, pays de l’ex URSS) et de contexte divers.

D’autres questions ont émergé telle celle de l’accueil et des adaptations des dispositifs existant pour l’accueil de ces populations, qui sont brusquement apparues auprès des institutions par des manifestations bruyantes: violences, alcoolisation mais aussi incompréhension due à la barrière de la langue. Ces incompréhensions ne semblent maintenant dues que partiellement à cette barrière dans la communication.

Nous proposons quelques axes de réflexion non-exhaustifs au cours de colloque:

  • Comment recevoir dans la langue du patient?

Si la pertinence de l’utilisation d’une langue commune avec le patient, s’il ne maîtrise pas ou peu la langue du pays d’accueil, ne fait pas de doute, à plus forte raison dans une prise en charge globale, elle pose en revanche tout un ensemble de questions.

A travers la présentation de plusieurs dispositifs de médiation ou traductions, nous examinerons certaines de ces questions. En particulier, concernant le professionnel parlant la langue du patient: question de la distance, des identifications, partage de référents culturels, etc. Tous ces dispositifs font appel à des cliniciens bilingues ou des traducteurs/médiateurs se situant entre le patient et le professionnel. Tout un espace ou celui qui parle la même langue doit tendre à disparaître ou au contraire être mobilisé.

  • Asile/trauma

Les parcours migratoires complexes des personnes rencontrées peuvent trouver leurs sources dans des évènements divers  tels le contexte économique, des évènements, familiaux, le contexte politique, etc.

Tous ces évènements peuvent avoir valeur traumatique et se redoubler dans la migration elle même quand bien même elle avait un but thérapeutique.

Face à ces violences physiques, politiques et/ou subjectives se pose la question de l’accueil et de l’écoute de celles ci. Les demandeurs d’asile traversent un processus long, complexe, incertain et dé-humanisant pouvant, là encore faire écho aux souffrances vécus précédemment.

  • Habiter un espace

Des logiques spatiales diverses se rencontrent et parfois se percutent dans le champ de la précarité, de la santé, etc.

Le territoire administratif ne recoupe pas celui des institutions, ni celui des personnes vivant à la rue et chacun a sa logique propre. Pourtant tous se rejoignent comme tentative d’un mieux vivre pour la personne prise en charge (précaire, exclus, sdf). Tous ont une logique thérapeutique ou la permettant: de la gestion des ressources permettant d’aider le plus grand nombre à l’habitat réduit à peau de chagrin offrant (peut être) un environnement compréhensible et contrôlable, c’est à dire familier.

Comment utiliser cette notion de territoire comme ouverture, comment faire exister les conditions pour le changement, une prise d’initiative soit possible?

  • Féminité/précarité

Qu’entendons-nous sous les termes féminité et précarité ? Les deux sont-elles compatibles ? Où est la place de la féminité dans une situation de précarité sociale, physique, psychique ? Pourrions -nous parler d’un frein ou d’un levier ? La femme a des multiples casquettes mais notamment elle inspire le changement et l’intégration, la transmission culturelle et le lien avec la communauté dans un trajectoire migratoire. Comment l’appareil psychique s’adapte à ce processus et cette réalité qui troublent les repères ? Mère de famille ou femme seule, elles viennent vers nous en nous questionnant, nos pratiques et nos savoirs faire. Sources et ressources elles-mêmes comment les accompagner dans la précarité sans briser la féminité et faire émerger leurs propres connaissances et savoirs faire ?

Services concernés : Bociek,
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