Nicolas Prisse, nommé début février président de la MILDECA a choisi pour sa première prise de parole public de se rendre à l’espace femmes de la boutique 18 situé à la porte de la chapelle, au nord de paris, dans le 18em arrondissement, à l’occasion d’une conférence de presse présentant un guide pour améliorer l’accueil et le suivi des femmes consommatrice de drogues.

Le guide de 102 pages est téléchargeable ici :

Nicolas Prisse a rappelé que les femmes constituaient un public prioritaire du plan gouvernemental 2013-2017 de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

Il a estimé que le guide permettait d’aborder la question de la « double stigmatisation dont les femmes sont parfois victimes, parce que femmes, parce que usagères de substances psychoactives », qui est « alimentée par des représentations un peu erronées, parfois des professionnels eux-mêmes, de l’entourage des femmes et sans doute un sentiment de culpabilité et des difficultés pour les femmes à aller vers le système et des difficultés pour le système à aller les rencontrer ».

L’Espace femmes de la Boutique 18, où a eu lieu la conférence de presse, a été créé en 1995. C’est un lieu destiné exclusivement aux femmes usagères de drogues et/ou en risque de prostitution. Il a été créé peu de temps après l’ouverture de la Boutique 18, à la demande des usagères qui fréquentaient difficilement le lieu car elles y croisaient les revendeurs de produits et les proxénètes.

La coordonnatrice de la structure, Bénédicte Bertin, est revenue sur la genèse du lieu, son fonctionnement et son « public très vulnérable, ayant des conduites à risque majeures et victime de violence ».

« Ces femmes consomment principalement du crack, en association le plus souvent avec de l’alcool, des benzodiazépines, des produits de substitution détournés », a-t-elle détaillé. La consommation chronique de crack a des « conséquences graves sur la santé physique et psychique: altération de l’état général, dénutrition, perturbation du sommeil, complications psychiatriques liées à la consommation ou aggravation de troubles préexistants ».

« Certaines femmes sont maintenues sous dépendance: tout se passe sur un même lieu. La femme fait une passe sur le boulevard, donne l’argent à un intermédiaire, qui va acheter immédiatement le crack au dealer. De suite, la femme consomme le produit et recommence. Cela peut durer plusieurs jours, jusqu’à 4 jours, sans dormir. Celles qui ne peuvent se payer une chambre d’hôtel viennent s’assoupir sur une chaise à l’Espace Femmes », a-t-elle décrit.

C’est un lieu « sécurisant, qui donne la possibilité de se poser, d’être là sans avoir la nécessité d’exprimer une demande précise, mais en même temps qui favorise la maturation d’une demande. Ces femmes peuvent passer prendre un café, une collation, une douche, laver leur linge, parler, prendre des informations, du matériel de réduction des risques [liés à l’usage de drogues] ou sexuels, écouter de la musique ou se reposer.

Quotidiennement, l’équipe travaille à ce que chacune retrouve un peu d’estime de soi », a expliqué Bénédicte Bertin.

Petite revue de presse de l’évènement :


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